Vol. 40, Nº 1 (2011)
Date de publication : 2011-11-22
Nombre d'articles : 11
Articles
Résumé
Le 18 mai 1859, après un « trajet salissant »2, Lucy Lyttelton est descendue d'une voiture Britschka, sur le pavé de la rue Stratton, à Piccadilly, au coeur du West End de Londres. Accompagnée de son père, un homme politique, et de sa soeur aînée Meriel, Lucy arrivait de Hagley Hall, la maison de campagne familiale à Worcestershire. Quatre semaines plus tard, Lucy se rendait au palais St. James, à la fois impatiente et intimidée3 d'être présentée à la reine Victoria : elle faisait son entrée dans la société. Au cours des trois mois qui suivirent, Lucy participa à un tourbillon d'activités sociales bien caractéristique du West End à l'époque. Elle assista à des concerts et à des soupers, revêtue de robes très coûteuses, et dansa avec des prétendants dans des salles de bal bondées. Durant la journée, elle se promenait le long de Rotten Row, dans Hyde Park, dans le carrosse de la famille, accompagnée de sa tante Catherine, épouse du premier ministre William Gladstone. L'après-midi, elle faisait la jasette avec ses amies, aussi de familles aristocrates et titrées, et ensemble elles planifiaient la conquête d'un mari convenable au prochain bal ou à la soirée suivante.
Résumé
Cet article, qui porte sur l'analyse des différents espaces dans lesquels la bourgeoisie anglo-montréalaise pratique l'activité dansante récréative entre 1870 et 1940, a pour objet d'examiner la tendance à l'exclusivisme couramment associée au mode de vie et aux activités des élites. Nous pensons en effet que l'exclusivisme est possible dans chaque forme d'activité dansante, mais de façon variable, selon le type d'activité et l'espace dans lequel elle se déroule. Pour appuyer cette hypothèse, nous analyserons quatre types d'espaces dans lesquels la bourgeoisie anglo-montréalaise peut s'adonner à la danse récréative entre 1870 et 1940. Nous nous attarderons d'abord sur deux espaces privés, entièrement contrôlés par l'élite : les résidences privées et les locaux des associations bourgeoises. Nous verrons ensuite comment le développement de trois grands hôtels, le Windsor, le Ritz-Carlton puis l'hôtel Mont-Royal, a amené de nouvelles perspectives et une redéfinition partielle de la notion d'exclusivisme. Nous verrons enfin comment les commerces de danse de Saint-Antoine Nord, quartier traditionnellement attaché à la bourgeoisie anglo-montréalaise, parviennent à concilier leur ouverture au public et un certain exclusivisme.
Résumé
Le présent article examine la relation entre l'aristocratie propriétaire de terres, dite « foncière », dans les environs de Manchester, et l'aristocratie urbaine du pouvoir municipal ainsi que leur rôle dans la création de parcs municipaux à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième. Il remet en question l'opinion selon laquelle l'aristocratie foncière aurait eu peu d'effet sur la création des environs de Manchester durant cette période et soutient que l'influence sociale et économique de cette classe a graduellement été supplantée par celle du pouvoir municipal dans le cadre d'une réorganisation du paysage social. En outre, l'article jette un nouveau regard sur le rôle de l'endettement dans le déclin de l'aristocratie foncière traditionnelle. Il soutient que, dans le cas des deux familles étudiées, le manque d'argent est devenu un problème bien avant ce que d'autres auteurs ont suggéré et qu'il était souvent chronique et continuel.
Résumé
En 1945, Marshall Foss débute la construction de Thorncrest Village, une localité d'Etobicoke bordant l'ouest de Toronto. Selon la vision de Marshall Foss et du planificateur urbain Eugene Faludi, ce village ne serait rien de moins qu'un prototype de banlieue modèle pour le Canada de l'après-guerre et incarnerait les idéaux de la planification banlieusarde moderne : le conformisme, le sens de la communauté, la stabilité, le respect de la vie privée ainsi qu'un prudent mélange de nature et de ville. Les deux fondateurs développent une banlieue ordonnée et contrôlée destinée à garantir les investissements financiers et le statut social des résidents de la classe moyenne élevée. En retour, ces résidents témoignent d'une foi incroyable en leur expertise et s'identifient au village, créant ainsi une expérience charnière dans la planification du mode de vie banlieusard moderne. Thorncrest Village devient alors un site clé dans le développement de l'expertise urbanistique moderne et dans la constitution de l'identité de l'élite banlieusarde. Les valeurs cultivées par les planificateurs urbains et par les résidents du village — notamment le maintien de l'ordre et du contrôle — apparaissent bientôt comme des composantes majeures de la suburbanisation au Canada et ailleurs dans le monde.